Apple, le fossoyeur de Nintendo

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En dépit de nombreux points communs, c’est la démocratisation des smartphones par Apple qui est le point de départ de la chute de Nintendo. Et le fait que Nintendo décide de se lancer dans les jeux mobiles est un couteau à double tranchant : ce peut lui être fatal comme bénéfique.


Apple et Nintendo se ressemblent :

  • Le hardware et le software chez eux sont très liés et développés conjointement
  • Ils ont initié les magasins d’applications dans leurs domaines respectifs
  • Leurs produits sont simples, addictifs et ne sont pas les plus puissants techniquements de leurs domaines
  • Ils ont des formats propriétaires
  • Et les deux ont des fans irréductibles

Mais ces similarités sont dans un certain sens la cause du déclin de Nintendo.

 

En effet comme souligné plus haut, Nintendo n’a jamais eu les consoles les plus puissantes du marché. Que ce soit la Wii U ou la 3DS, en termes de puissance elles ne peuvent rivaliser avec une PS4/Xbox One ou une PS Vita. En plus, les jeux Nintendo sont connus pour leur simplicité. Un Mario Kart est beaucoup plus simple aussi bien graphiquement qu’en terme de jouabilité qu’un Need For Speed. Il suffit de comparer GTA Chinatown Wars sur PSP et 3DS. Quand à trouver un équivalent correct de GTA V sur Nintendo par exemple, c’est presque impossible.

Malgré ces “défauts” Nintendo a dominé longtemps le secteur des jeux vidéos et de se faire de confortables bénéfices.

 

En novembre 2007, Apple commercialisa son premier iPhone. Ce fut le premier coup de couteau et le point de départ de la perte de vitesse de Nintendo. Apple et ses concurrents fabricants de smartphones ont permis aux développeurs de créer des jeux simples et addictifs.

Pourquoi alors acheter une console Nintendo quand on peut avoir des jeux équivalents et souvent gratuits sur nos téléphones ? Pourquoi donc acheter une console Nintendo quand on peut, parfois, émuler certaines consoles Nintendo sur Android et iOS ?

 

D’ailleurs les chiffres ne mentent pas.


 

Toutes choses étant égales, un smartphone n’est pas une console. Un téléphone portable, voire un smartphone est quasi indispensable de nos jours. Tandis que la possession d’une console de jeux n’est pas une exigence.

 

Ceci dit, on remarque, d’une part, qu’il se vend de plus en plus de smartphones que de consoles. En 2014, il s’est vendu 30 fois plus de smartphones que de consoles. D’autre part, Nintendo vend de moins en moins de consoles.

 

Hors les smartphones sont utilisés principalement pour les jeux, les réseaux sociaux et à la maison. En plus, les revenus tirés des jeux vidéos sur mobiles devraient dépasser ceux des jeux classiques cette année selon Newzoo, un cabinet spécialiste du secteur. Par ailleurs, Apple et Google, séparément, gagnent plus d’argent que Nintendo sur ce segment.

On comprend donc l’intérêt des éditeurs de jeux vidéos d’investir ce nouveau sous-secteur très lucratif. Ce qui explique l’annonce récente de Nintendo de développer des jeux pour mobiles. Ce pivot de Nintendo n’est pas sans risque. Autant les joueurs mobiles peuvent être addicts à un jeu, autant leurs addictions ne sont pas durables. Il suffit de voir les difficultés de King Digital Entertainement et de Rovio, respectivement éditeurs des jeux à succès Candy Crush et Angry Birds.

 

Néanmoins, le déclin de Nintendo est relatif. L’entreprise n’est pas uniquement un fabricant de consoles et un éditeur de jeux vidéos. De Mario à Pokémon en passant par Zelda, ses licences sont extrêmement lucratives et fédères une base exceptionnelle et fidèle de fans. De plus sa diversification dans les figurines Amiibo dégage de très confortables bénéfices.

 

Si Apple a contribué à affaiblir Nintendo, le japonais dispose de solides ressources internes (ses licences) et externe (sa communauté) ainsi que d’excellentes réserves (environ 4 milliards € en cash) pour retrouver son niveau d’antant.

Gaël-Germain GODONOU

Geek, afro-réaliste, entrepreneur, passionné de stratégie et d'analyse financière, rêve de faire le tour du monde.

2 commentaires

  1. Malkier   •  

    Article très intéressant 🙂

    Je n’avais jamais vraiment associé le déclin de Nintendo à Apple. Je ne pense pas que ce soit l’unique facteur, mais ce n’est pas non plus ce que tu dis.
    Par ailleurs, le fait que Nintendo ait connu ce déclin est une bonne chose. Et je parle en tant que fan de la marque.

    Certes Nintendo a toujours su produire de véritables perles. Et ses licences propriétaires sont de véritables poules aux oeufs d’or. Mais le fait de perdre en vitesse, les force à se remettre en question. Quelque chose qu’il n’ont pas eu à faire depuis la N64 je pense.

    La GameCube, la Wii, la WiiU et même les consoles portables, n’ont jamais été que des versions améliorées des itérations précédentes. Il n’y a pas vraiment eu à mon avis de changement radical. Ce qui est pourtant nécessaire après autant d’années d’expérience.

    Mais bon, j’attends de voir ce qu’ils annonceront à l’E3 2015.

    • Gaël-Germain GODONOU   •     Auteur

      En effet, tellement Nintendo avait de l’avance que leurs nouveaux produits sont des itérations d’anciens produits. Et pour en revenir l’E3, IWATA s’est excusé pour ce qui est, avouons le, l’un des pires E3 de la part de Nintendo. Et Dieu sait qu’on en a vu des E3 de Nintendo assez moches. Leurs ressources semblent se concentrer sur la NX. Attendons de voir

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