De l’importance de l’intelligence économique : le test 1000

Intelligence économique

Le contexte national et international de concurrence accrue impose aux organisations (boulanger du quartier comme grande multinationale) une adaptation constante. Elles se doivent d’établir des plans stratégiques efficaces et efficients, des plans qui leur permettront de se développer au détriment de la concurrence et des difficultés.

 

Pour cela, la start-up comme le groupe industriel doit maîtriser au mieux son environnement, pouvoir se protéger et si possible agir pour peser sur les décisions impactant ses activités. Tout ceci passe par la maitrise de l’information. L’information est aujourd’hui un bien économique et collectif (du fait de sa facilité relative d’accès). Obtenir l’information la plus pertinente et la plus fiable peut être donc vu comme source de pouvoir et facteur clé de succès.

 

L’intelligence économique (IE) est l’ensemble des activités de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusions d’informations permettant au décideur d’obtenir les renseignements nécessaires à la définition de sa stratégie. En ce sens, c’est un élément important pour la pérennité d’un projet.

 

Comment évaluer le niveau d’intelligence économique d’une organisation ?

 

Pour évaluer le niveau d’IE au sein d’une entité, Bernard Besson, expert en intelligence économique a élaboré le test 1000. Ce test est subdivisé en trois grandes catégories. Chaque catégorie est représentée par une couleur et  correspond à une dimension essentielle de l’information stratégique en entreprise.

 

1ère catégorie : L’intelligence stratégique

 

Représentée par la couleur bleue, les interrogations au sein des chapitres de cette catégorie, abordent les thématiques que sont : les sources d’information de l’entreprise, l’organisation structurée des processus de veille, le partage de l’information et des connaissances, la mémorisation de l’information et des connaissances, et les réseaux et actions d’influence de l’entreprise.

On retrouve donc dans cette première partie du test, des questions telles que :  « Existe-t-il des plans de veille ? » ; « L’entreprise tire-telle profit des informations détenues pas ses propres collaborateurs ? » ; « L’entreprise connait-elle les souhaits implicites mais non exprimés de ses clients ? » ; etc…

 

2ème catégorie : L’intelligence des risques

 

Au sein du test 1000, cette catégorie symbolisée par le rouge concerne les questions de protection de l’information stratégique en entreprise. La protection du patrimoine matériel et immatériel est le second pilier de tout système d’intelligence économique  et le test 1000 permet de prendre la mesure des risques au sein de son organisation.

Concrètement, se protéger pour un organisme, c’est avoir une vision globale des menaces qui la guette, pour pouvoir déterminer ensuite les moyens et actions pour s’en prémunir ou faire face en cas d’attaques.

Les questions suivantes font partie de celles qui seront à noter en fonction des réalités au sein des organisations : « Y a t-il des systèmes anti-incendie ? » ; « L’utilisation des mots de passe est systématiques ? » ; « L’entreprise a-t-elle conscience des contrefaçons dont elle serait victime ? »…

 

3ème catégorie : L’intelligence inventive

 

Le test 1000 se termine avec une troisième catégorie « l’intelligence inventive » représentée par la couleur verte. Elle porte sur les capacités d’innovation en entreprise. Il s’agit, grâce aux questions de cette catégorie, de regarder les choses déjà existantes au sein de l’entreprise d’une manière nouvelle.

Quelques questions portant sur l’intelligence inventive au sein de l’organisation : « Les différents services sont-ils impliqués dans les processus d’innovation ? » ; « L’organisation perçoit-elle les signes avant-coureurs d’évolution des services et des techniques ? » ; « Tire-t-elle profit de l’observation des évènements ? » ; « Tire-t-elle profit des observations de ses clients ? »…

 

Comment utiliser le Test 1000 ?

 

L’entreprise s’attribue en face de chaque question une note comprise entre 0 et 5 ou entre 0 et 10. L’auto évaluation est réalisée par un ou par plusieurs collaborateurs à travers une moyenne. Le score final du « Test 1000 » rend compte de l’état du système d’intelligence économique d’entreprise. Si celle-ci obtient au moins 500 points, elle dispose d’une intelligence économique.

Cependant, plus que la note, ce qui importe le plus, c’est le débat qui s’en suivra. C’est lui qui va apporter des éclairages et entrainer des changements. Le test 1000 permet donc d’initier un échange productif, de créer une culture de l’intelligence collective.

 

Le test 1000 est accessible gratuitement via ce lien.

 

A retenir

L’IE est une manière de penser, de voir le monde, de connaître son environnement. Elle nécessite pour sa mise en place et sa réussite, de se réunir au sein de l’organisation, entre collaborateurs et décideurs des divers métiers, pour se poser des questions qu’on ne s’est jamais posés. Il faut donc avec les échanges, s’assurer d’avoir une bonne vision de l’ensemble des chapitres du Test 1000 au sein de son entreprise. D’où l’importance de l’intelligence collective.

 

En matière d’IE, ce qui compte n’est au final pas l’information à obtenir, mais d’abord le questionnement en amont, les questions à se poser et celles qu’on ne se pose pas. Pour s’assurer d’être le plus exhaustif et pertinent possible dans la détermination des axes stratégiques de veille, le processus se doit d’être collectif. Les personnes impliquées, doivent échanger entre eux périodiquement et être associés aux autres phases du processus. Le partage de l’information est donc fondamental, les métiers au sein de l’organisation doivent se parler. Le test 1000 permet véritablement de se rendre compte de cette nécessité.

 

“L’intelligence est le croisement de l’information et de la stratégie” – François Moinet

Anmir IGUE

Titulaire d’un Master en Intelligence économique et d'un Master en Sciences Politiques, je m’intéresse aux thématiques de gestion de l’information stratégique et à l’évaluation de politiques publiques. Je suis également fan de sport, notamment de basket.

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