Intelligence économique à l’africaine

Intelligence économique

Le continent africain, de par son dynamisme socioéconomique suscite de plus en plus de convoitises de la part des grandes nations et de leurs entreprises qui se dotent pour la majorité, de stratégies africaines. L’environnement des affaires en Afrique devient donc plus concurrentiel que jamais avec l’éveil d’entreprises continentales également ; et une véritable guerre économique s’intensifie entre toutes ces organisations, chacune défendant sa part du gâteau marché.

Le contexte africain et l’intelligence économique

Réussir à tirer son épingle du jeu pour les entreprises, nécessite donc de trouver les données stratégiques qui leur permettront de prendre les décisions les plus judicieuses en temps et en heure. Autrement dit, il est nécessaire que les entreprises se dotent de systèmes de veille ou d’intelligence économique leur permettant de capter les informations dont elles ont besoin et de se protéger. Seulement, si la majeure partie de la veille stratégique pratiquée en occident se fait grâce au web, il ne peut en être de même en Afrique ; la faute à un trop grand déficit en infrastructure informatique et en connexion internet fiable sur la plupart du continent.
Aussi, le contexte africain et son histoire imposent une approche différente pour l’acquisition d’informations à forte valeur ajoutée. En effet, il est reconnu que le continent africain a une très forte tradition orale. Il y a de cela plusieurs décennies, les informations circulaient grâce à des griots nomades ou à des « crieurs » sur les places publiques. Les chefs confiaient le message pour la population à ces « messagers » qui allaient dont diffuser l’information au peuple en les appelant tous, à l’aide d’un gong, à un rassemblement sur la place du village.
Outre cette tradition ancestrale de l’oralité, du passage de l’information de bouche à oreille, il y a le fait que les africains sont connus pour la chaleur de leurs relations humaines. Prenant en compte ces réalités, la pratique de la veille et de l’intelligence économique dans le contexte africain doit se baser sur les pratiques du renseignement humain.

 

Le renseignement humain

Le renseignement humain peut se définir comme une méthode de questionnement indirect de sources humaines afin d’obtenir des informations que l’on qualifie de « grise », c’est-à-dire « moyennement confidentielles ». Il s’agit donc de poser des questions subtiles à une personne, sans lui dévoiler sa qualité, ni son objectif, dans le but d’avoir des informations destinées aux intérêts d’une tierce personne.
Il est important de rappeler qu’il est aussi nécessaire pour réussir une opération de renseignement humain, de bien se préparer et de rester dans un cadre éthique pour obtenir l’information souhaitée. La bonne identification de la source humaine d’information et de son environnement est importante. Il faut trouver le bon moyen pour approcher et mettre en confiance la « cible » et l’amener à parler du sujet que l’on souhaite sans éveiller de soupçon (comme quand on veut amener la personne qu’on courtise à se confier). On est alors à même d’obtenir les informations souhaitées.
Par ailleurs, il faut aussi penser en matière d’obtention de renseignements auprès de sources humaines, à la constitution d’un réseau de personnes de confiance, crédibles que l’on peut solliciter régulièrement sur base d’un accord commun d’échanges d’informations, comme cela se fait dans le domaine militaire.
En somme, pour collecter, analyser et utiliser de manières efficientes des informations, les entreprises opérant en Afrique doivent mettre l’humain au centre de cet enjeu capital, vital.

Anmir IGUE

Titulaire d’un Master en Intelligence économique et d'un Master en Sciences Politiques, je m’intéresse aux thématiques de gestion de l’information stratégique et à l’évaluation de politiques publiques. Je suis également fan de sport, notamment de basket.

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